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[FB] I'll be there for you, these five words I swear to you - Thomas&Moira

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Message Sujet: [FB] I'll be there for you, these five words I swear to you - Thomas&Moira Dim 14 Jan 2018, 20:14

❝ when you breathe, I want to be the air for you... ❞I'll be there for you, these five words I swear to you.Revenir sur le continent, chez moi, c'était à la fois une délivrance comme un emprisonnement. Parqué sur un bateau avec d'autres soldats comme autant de bétails, j'avais été oppressé par la promiscuité avec les autres comme par les souvenirs qui me hantaient encore. Et si une autre chose m'avait hanté durant tout ce temps, c'était le souvenir d'Aeden. Mon compagnon d'infortune, ma brute épaisse qui m'avait aidé à tenir, il avait disparu, laissant derrière lui une femme, une personne qui l'aimait, et une famille, je le savais. Et je ne souhaitais qu'une chose... L'aider comme il avait pu m'aider moi. En hommage de cet homme qui fut ma béquille durant ce monde devenu fou, je voulais prendre soin de celle qu'il laissait derrière lui. Moira. J'avais son adresse, ayant pu chaparder un courrier qu'il avait reçu, dans le vide. Elle avait marqué, d'une écriture bien féminine, en rondeur, une adresse proche de chez moi, de chez ma famille plutôt.

Et lorsque j'étais rentré... Je m'étais offert une soirée avec Mammà, Papà et Sorellina. Egoïste un instant, je voulais avoir l'occasion de leur dire que je les aimais, que je ne les avais pas oublié, que j'étais fort. Je voulais leur approbation et leur présence, qui avait été horriblement manquée, durant ces mois qui furent comme des siècles. J'avais pu rire un peu, d'un rire étouffé derrière les bruits d'obus et les cris de terreurs, les tirs dans les mains et les exécutions des déserteurs. J'avais bu aussi. Profité des embrassades de Mammà et des mains sur l'épaule de Papà. J'avais caché mes cicatrices, et mes blessures pas forcément totalement guéries encore. Je grimaçais parfois, tentant laborieusement de dissimuler ces expressions, étant de nature bien trop réservée pour oser dire que ça n'allait pas.

Aeden, lui, je pouvais le dire, parfois. On se chuchotait les misères pour ensuite ne pas tergiverser dessus. Verbaliser, puis oublier. C'était très bien ainsi. J'aimais ça.

Mais au matin, je ne pouvais plus reculer. Je devais aller voir Moira, l'épouse d'Aeden, lui signaler qu'un homme était là pour l'aider. Une femme ne pouvait affronter le monde seul... Car si j'étais rassuré de la présence de Papà pour ma mère et ma soeur, qu'en était-il pour elle ? Est-ce qu'elle avait de la présence rassurante ? Est-ce qu'elle allait... Bien ? Ou du moins pas trop mal ? Je voulais le savoir, ça avait hanté ma nuit, froissant mes draps de pensées inquiètes. Autant récupérer cette lettre que j'avais mise dans cette poche du sac réglementaire de l'armée, accessible rapidement d'un geste de main... Et j'avais fini par m'y rendre.

Ce n'était pas loin : le hasard avait voulu qu'elle vive dans la même ville, non, le même quartier que ma famille. Etait-ce un signe du destin ? Je n'en savais rien. Bonnet vissé sur la tête pour dissimuler des cheveux qui n'étaient clairement pas à mon avantage, vêtements bien plus présentables que l'uniforme que j'avais porté si longtemps qu'il en avait des trous, j'étais fin prêt. Traverser une rue... M'arrêter pour respirer. Non, ces voitures n'étaient pas des véhicules de guerre, ces klaxons n'étaient pas des alarmes, et ces cris n'étaient pas des hommes qui mourraient. Puis remarcher, tourner à droite, puis encore à droite, et à gauche. Je reconnaissais ces rues encore par coeur, cela avait un caractère rassurant, au moins cela. Et enfin, j'arrivai à ce numéro, à cet immeuble. Porte ouverte par un riverain pas très regardant, je me permis de pénétrer à l'intérieur pour me rendre directement devant la porte, dont le numéro était aussi donné sur cette lettre, l'expéditeur. Et enfin... Je frappai, retournant mes premiers mots dans ma tête.

Et quand enfin, une femme m'ouvrit, je restai un instant pantois devant la créature qui m'ouvrit. Une magnifique blonde, de celles qui n'avait rien à rougir de ces femmes que j'avais côtoyées à Hollywood. Cela me déstabilisa, et surtout accrût mes inquiétudes : si une jeune femme devait être importunées par diverses personnes malintentionnées, en voilà une. Mais je finis par me reprendre, retirant par réflexe ce bonnet de ma tête, pour me présenter :

"Bonjour Madame, hum... Je suis Thomas Hunt, je... J'étais soldat de l'armée américaine... Hum... Aux côtés d'Aeden. Votre... Mari. Je viens pour vous présenter mes sincères condoléances et surtout vous informer que je tiens à vous offrir mon aide... Pour tout ce dont vous pourriez avoir besoin."

Que pouvions-nous dire à une veuve, une femme qui avait apprit que son mari avait disparu à la guerre ? Surtout quand on pouvait aisément se permettre de croire que ce mari était indestructible, une force de la nature, de celles qu'on ne pouvait imaginer disparaître, mourir ? Elle devait ressentir un vide bien plus conséquent que le mien, je n'osais ne serait-ce qu'effleurer la surface de ce qu'elle devait vivre. Mais je devais, voulais être là. Et j'étais là, face à elle.
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STATUT CIVIL : Épouse comblée, elle vient de retrouver son époux porté disparu en Europe.
LOCALISATION : Quartier Irlandais - Brooklyn - New York.
MULTIFACE : Steven, Katarczyna, Loki, Gamora & Natalia.
DATE D'ARRIVÉE : 12/01/2018
ZONE LIBRE :

Elle a un fils de quatre mois, Aedan Jr. Elle porte constamment des parfums aux fruits rouges, la cerise étant son préféré.


Message Sujet: Re: [FB] I'll be there for you, these five words I swear to you - Thomas&Moira Lun 15 Jan 2018, 01:44


I'll be there for you
Thomas & Moïra

« Now sometimes the world tries to slap you and it seems to love watching you fall. I wont lie to you, it's gonna happen. You got to pick yourself up and move on. »
Quatre mois. C'était le temps qu'il s'était écoulé depuis la naissance de son fils et la lettre qu'elle avait reçu qui annonçait le décès de son mari. Bien des femmes avaient faits leur deuil et elle pouvait en comprendre nombreuses ; mariées trop jeunes, forcées à l'être, c'était une délivrance pour elles. Pour Moïra, c'était comme lui annoncer que son avenir était mort avec Aedan. Adieu la ribambelle de chérubins, adieu la maison en banlieue. Adieu tout ceci. Pire que tout, adieu la chaleureuse étreinte de son mari, adieu les baisers volés, adieu les fous rires, adieu les danses déchaînées jusqu'au levé du soleil. Adieu tout.

Fort heureusement, la blonde pouvait compter sur sa famille et celle d'Aedan pour filer quelque coups de mains, garder Aedan Jr quand elle devait travailler, recevant toujours ces même regards et ces même réflexions qu'Aedan devait se retourner dans sa tombe que son épouse doive assumer pour deux le travail et la maison. Qu'Aedan n'aurait pas voulu ça pour elle, ils n'avaient pas torts, Aedan avait toujours fait de son mieux pour assumer son rôle d'époux, veiller au confort de son épouse. Mais il n'était plus là et elle se devait de composer avec cette perte atroce. Pour elle mais surtout pour son fils, leur fils.

Elle venait de l'endormir dans son couffin, dans le salon médiocre qu'elle avait. Cet appartement qui était celui d'Aedan et sa famille avant qu'ils ne déménagent et ne soit plus que le seul à y vivre. C'était les même murs qui avaient besoin d'être repeint, c'était les rideaux qui pendaient et auraient besoin d'être raccroché, c'était le carrelage au sol qui aurait besoin d'être recollé, des travaux qu'on donnait aux hommes. Aloysius lui avait dit qu'il le referait mais elle avait toujours repoussé ces moments. Je le ferai, je m'en occuperai. Elle oubliait surtout qu'elle manquait de temps pour le faire, tout ça. Mais elle composait avec ; pas le choix.

Elle n'avait pas fais son deuil. C'était d'ailleurs une robe noire qu'elle portait ce jour-là. La couleur qui allait aux veuves, disait-on. Puis quelqu'un avait toqué, chose assez étrange puisque les gens entraient directement chez elle, d'habitude. Elle était allée ouvrir, regardant curieusement le jeune homme face à elle. Un nouveau voisin qui se plaignait du bruit ? Pourtant, Aedan Jr était entrain de dormir. Mais l'homme la regardait et s'adressait à elle.

Ah, ce regard. Elle l'avait vu chez nombreux hommes revenus de la guerre. Semblant perdu. Ailleurs. Un regard lointain, vague. Thomas Hunt, ce nom ne lui disait rien. Soldat. Oh. Aedan. Condoléances. Trop tard, elle était déjà perdue, la main se levant sur ses lèvres, comme pour retenir un sanglot. Offrir son aide. Pour ce dont elle aurait besoin. Elle n'avait pas souvenir d'un Thomas Hunt dans ses lettres reçues par Aedan mais il fallait dire qu'Aedan ne parlait pas beaucoup de la guerre, il demandait surtout des nouvelles et elle n'avait jamais eu le courage de lui annoncer sa grossesse au travers d'une lettre. Elle l'avait regretté, en Mai, elle s'était demandée si, en lui annonçant, Aedan n'aurait pas eu quelque chose à quoi se raccrocher en sachant qu'une femme et un enfant les attendraient chez lui. Trop tard pour le savoir, maintenant. Elle réprimait son sanglot comme elle le pouvait, en inspirant profondément. C'était ce que l'on demandait aux femmes, pas vrai ? Toujours être maîtresses de leur émotions, ne pas les laisser déborder. C'était tellement dur pourtant. Il lui manquait à chaque instant et son pire cauchemar s'était réalisé. Elle se reculait juste assez de la porte pour l'inviter à entrer.

Enchantée de vous rencontrer... Je n'ai besoin de rien, je vous remercie, mais, venez donc prendre un thé si vous le souhaitez.

Elle l'invitait à rentrer. Ce n'était pas un palace, ce n'était pas le grand luxe, l'argent qu'elle gagnait, elle le mettait dans l'alimentation, les vêtements et le confort de son fils, ainsi que dans ses robes et son maquillage pour les soirs où elle devait se reproduire sur scène. Pour gagner plus d'argent encore. Et ainsi de suite.

Le jeune homme était charmant, tout de même. C'était une belle intention que venir la voir dans ces moments.

C'est Aedan qui vous a demandé de venir ? Pardonnez-moi, je n'ai à peine eu que quelque mots sur une lettre pour savoir que mon cher et tendre ... enfin, vous savez...

Elle réprimait à nouveau son sanglot. Elle laissait aux soins du jeune soldat de fermer la porte derrière lui, tandis qu'elle se dirigeait vers le salon. Un canapé modeste, une table basse et à côté du canapé, le couffin où dormait Aedan Jr. Où devait dormir Aedan Jr. Des petits bras levés, c'était ce qu'elle voyait en passant. Elle ne parvenait pas à dire les mots comme "mort" "disparu" car c'était toujours invraisemblable pour elle qu'un homme comme Aedan ait pu disparaître.
(c) DΛNDELION



Every night in my dreams, I see you, I feel you. That is how I know you, go on. Far across the distance and spaces between us, you have come to show you, go on. Near, far, wherever you are, I believe that the heart does go on. Once more you open the door and you're here in my heart and my heart will go on.


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Message Sujet: Re: [FB] I'll be there for you, these five words I swear to you - Thomas&Moira Mer 17 Jan 2018, 23:15

❝ when you breathe, I want to be the air for you... ❞I'll be there for you, these five words I swear to you.Voir cette femme en noir, la couleur du deuil, c’était comme être frappé à nouveau par la disparition d’Aedan. Bien que je m’étais parfaitement douté qu’elle ne vêtirait que cette couleur là… C’était étrange, le deuil que je pouvais faire selon les personnes. Je me sentais parfois horrible d’être juste désolé d’un compagnon de voyage, quand je me remettais difficilement de la disparition d’un compagnon de garde. La différence ? Je n’en savais encore rien. Mais face à Moïra, épouse d’Aedan, j’avais débité ces paroles, tellement bateau que je savais parfaitement qu’elles n’avaient aucun intérêt. Sinon d’exprimer toute la sympathique que j’avais envers cette femme, sympathie qui provenait avant tout de mon affection pour son mari. Mon bonnet trituré dans mes mains, ma nervosité devait se voir comme le nez au milieu de ma figure, enfin, depuis que j’étais sorti de l’Enfer, je n’étais plus aussi doué pour cacher mes émotions. Elles étaient fortes, trop fortes, là où j’avais parfois besoin de surjouer, à présent je cherchais à les dompter… Ces folles émotions intenables. Et comment rester impassible face à la détresse d’une femme ? Je ne m’étais même pas penché réellement sur ce qu’elle ressentirait à voir un type à sa porte lui parlant de son mari, alors qu’elle ne l’avait plus. D’ailleurs, peu d’entre nous se penchaient dessus, préférant faire la fête pour célébrer la fin de la guerre. Je le ferai certainement à mon tour. Préférant oublier les horreurs, pour penser à ce qu’il y avait de positif. Certainement. Mais pas maintenant.

J’avais été idiot, comment auraient vécu ma mère et ma soeur cette situation ? Voir un soldat revenir, parler de moi, donner ses condoléances ? J’étais pratiquement un cheveu sur la soupe, un peu ces gens qui arrivaient un peu tard et qui débarquaient sans prendre conscience des conséquences de leurs actes. Etais-je si idiot ? Connaissant Mammà, elle aurait sûrement mis dehors cet homme, après avoir accepté l’expression de ses sentiments. Elle aurait été en colère, Mammà, sûrement. Et Sorellina… Sûrement à vaquer aux tâches ménagères, pour ne plus penser, se concentrer sur autre chose. Je les connaissais par coeur. Forcément qu’elles agiraient ainsi… Probablement Moïra allait-elle faire la même chose ? Je n’aurais pas pu lui en vouloir.

Pourtant non, elle s’écarta juste pour me laisser passer, rentrer chez elle. Pour un thé, si je le souhaitais. Oh, j’aurais pris tout ce qu’il fallait, certainement, pour lui faire plaisir. Je la suivis donc, sans un mot. Je fermai derrière moi, m’assurant que le loquet était bien enclenché, pour ensuite découvrir cet appartement. C’était modeste, un peu comme dans ma jeunesse, avant que je ne parvienne à gagner correctement ma vie, pour ensuite envoyer à ma famille de quoi s’améliorer. Ils n’avaient pas voulu quitter la boutique et l’appartement à l’étage supérieur, mais au moins… C’était légèrement rénové. Aedan m’avait parlé de cette modestie, je ne pouvais l’empêcher de l’imaginer ici avec cette femme, peut être même avec… Oh mon dieu, était-ce un enfant ?

Elle me parlait, me demandant si Aedan m’avait demandé de venir, mais en réalité, j’avais à peine entendu ce qu’elle me disait. Je ne voyais que l’enfant qui était dans son couffin en train de dormir, dans la même pièce que cette femme. Etait-ce son enfant à elle ? Et à lui ? Oh non, je ne pourrais oser demander si c’était son fils à lui, ce n’était pas une question à poser à une jeune veuve, en plus d’être tout simplement de la goujaterie. Je ne pouvais pas douter de cela, simplement… Si c’était réellement son fils à lui, alors le drame était encore pire. Cela me fit me rendre compte que la guerre ne touchait pas seulement les adultes, elle touchait aussi ces enfants que nous souhaiterions pourtant protéger… La guerre meurtrissait aussi ces orphelins. Je ne m’en étais pas rendu compte. Comment n’y avais-je pas pensé avant ? Mais je tentai de reprendre mes esprit, sans oser m’asseoir où que ce soit :

”Je suis rentré hier au pays, Madame… Je vous prie de me pardonner, je suis venu de moi même, grâce à cette lettre… Que j’ai chipée dans les affaires personnelles d’Aedan quand… On l’a déclaré disparu. Ce fut un geste malheureux, et je tiens à restituer ce qui vous appartient. Je vous promets n’avoir lu que l’adresse, et pas le contenu.”

C’était une lettre retrouvée sous son oreiller, récupérée avant le passage des nettoyeurs, ceux qui récupérait les biens des disparus. Il y avait le nom d’Aedan et derrière l’adresse de Moïra, elle n’avait pas été ouverte. Ou alors, refermée tellement soigneusement qu’on l’aurait cru vierge de tout regard. Je la récupérai dans ma poche, elle était un peu froissée, du fait de mes nombreux déplacements… Je la lui remis dans ses mains, espérant lui offrir un contact solidaire. J’ignorais vraiment que dire à une veuve éplorée, était-ce réellement une bonne idée d’être là ?

”Je vous prie d’excuser le peu de soin que peut accorder les militaires à ces déclarations… Et sachez que votre mari a su marquer durablement la mémoire de plusieurs soldats, dont moi. C’était un homme bon.”

Bon d’accord, il pouvait se montrer parfois assez antipathique, il y avait eu des moments où j’avais eu envie de le frapper. Mais enfin, nous étions des hommes n’est-ce pas ? Et j’étais capable de voir la bonté sous l’étoffe d’un bagarreur. Enfin, je finis par lâcher les mains de Moïra, ne voulant pas non plus jeter les convenances aux oubliettes, pour finalement m’asseoir, tel un sage garçon, ne pouvant m’empêcher de voir l’enfant. Il me brisait le coeur. Comment s’appelait-il ? Est-ce que j’oserai demander ? J’en étais quasiment au stade où j’attendais que la réponse me vienne toute cuite dans le bec. Ah, Aedan, où que tu sois, j’espérais que tu voyais cet être. Est-ce que les portes du Paradis étaient ouvertes à nous, pauvres pêcheurs qui avons tué durant la guerre ? Je l’espérais sincèrement. Vraiment. Car sinon, je venais de quitter un Enfer temporaire pour aller vers la damnation éternelle.
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Elle a un fils de quatre mois, Aedan Jr. Elle porte constamment des parfums aux fruits rouges, la cerise étant son préféré.


Message Sujet: Re: [FB] I'll be there for you, these five words I swear to you - Thomas&Moira Mar 13 Fév 2018, 03:52


I'll be there for you
Thomas & Moïra

« I love making you believe, what you get is what you see, but I'm so fake happy, I feel so fake happy. If I smile with my teeth, bet you believe me. If I smile with my teeth, I think I believe me. Oh please don't ask me how I've been, don't make me play pretend, oh no, oh what's the use, oh please, I bet everybody here is fake happy too. »
Voir cet homme revenu de guerre au pas de sa porte, c'était un peu comme une claque sur cette réalité qu'elle aurait aimé occulter. C'était lui rappeler ce qu'avait traversé Aedan, pourquoi et comment il était mort. Encore que, ça, elle n'en n'était pas totalement convaincue jusqu'à présent mais voir un soldat qui avait connu Aedan venir lui présenter ses condoléances, c'était la confronter à une réalité dont elle ne voulait absolument pas. Mais elle cachait ça derrière un sourire de circonstance, un sourire forcé, coincé. Elle se perdait surtout dans ses pensées, essayant de se rappeler les lettres de son époux, mais se perdant finalement dans tous les dits et non dits, se perdant dans ses pensées décousues, une pensée la menant à une autre jusqu'à se souvenir de la présence du jeune homme au pas de sa porte.

La chose la plus logique à faire était de le laisser entrer. Elle aurait peut-être du se méfier mais quel homme aurait été jusqu'à trouver le nom de son époux pour venir chez elle ? Elle n'avait pas grand chose, ce n'était pas comme si on pouvait cambrioler cet appartement. Tout au plus, il y avait des objets utiles pour Aedan Jr, des photos, son maquillage et ses robes. Ses bijoux, peut-être ? Oui, peut-être. Mais cela ne lui venait pas vraiment à l'esprit tandis qu'elle laissait l'ancien soldat rentrer chez elle.

L'ancien soldat lui racontait être arrivé la veille et avoir accouru ici. Voilà qui était étrange, quand on goûtait soudainement à la liberté après des mois de lutte. Mais qui était-elle pour savoir ce qui était faisable ou non, après tout. Avait-il seulement un endroit où crécher, cet homme, qu'il vienne là ? Que ce soit l'un de ces premier arrêt ? Elle y songeait et cela lui serrait un peu le coeur si c'était vraiment le cas. Elle récupérait cette lettre, la serrant dans ses mains, jurant qu'elle avait l'impression en serrant cette lettre, que c'était son propre coeur qu'elle serrait. Il lui fallait réprimer un nouveau sanglot, il lui fallait prendre sur elle-même, inspirer profondément pour ne pas craquer devant cet inconnu qui revenait de guerre. Il n'avait pas vécu l'enfer pour revenir et voir une femme pleurer pour une lettre, pas vrai ? Mais le jeune soldat reparlait et elle ne savait trop quoi faire, sourire ou continuer à réprimer ses larmes. Mais ses yeux se noyaient.

Cela faisait quatre mois qu'on lui avait annoncé sa disparition, pas de visite formelle, à peine une lettre des plus impersonnelles qui soit pour lui annoncer le décès de son époux et la pension qu'elle aurait en échange. Cela faisait quatre mois mais cela faisait surtout plus de deux années que son époux était parti en guerre. Deux années, c'était long, elle aurait pu à plusieurs reprises se faire à l'idée, se dire qu'il ne reviendrait pas, après tout, c'était la guerre, c'était impitoyable. Mais elle était toujours partie du principe qu'Aedan était une force de la nature et qu'il ne pouvait simplement pas mourir, que cette guerre et toutes celles à venir, ne pourraient l'avoir. Il était trop solide, Aedan. Alors le choc était rude et le déni était toujours présent, toujours ancré. Non, il ne peut pas être mort. Ses souvenirs étaient toujours là, toujours présents. Elle refusait de tourner la page, refusait de passer à autre chose. De se dire que sa vie était là, en arrêt. Non, c'était impossible. Elle voulait bien croire toute fois les dires du jeune homme, cela ressemblait bien à Aedan, marquer les gens. Elle hochait un peu la tête, une larme perlant et coulant le long de sa joue droite. Elle inspirait profondément, espérant que cette larme serait la seule pour l'instant, elle essuyait vivement sa joue et détournait le regard.

Le meilleur, oui.

Elle inspirait. Expirait.

Pardonnez mon manque de savoir vivre... Asseyez-vous donc, je vais vous chercher de quoi vous désaltérer... Avez-vous faim ? Je... J'ai fais quelque pâtisseries...

S'occuper, c'était l'idée générale. S'occuper, l'esprit, les mains. Toujours avoir quelque chose à faire. Et on pouvait dire qu'elle avait toujours de quoi faire avec un bébé braillard de quatre mois, qui ne manquait jamais une occasion de se faire entendre. Chose promise, chose dues, elle était allée lui chercher du thé glacé et les pâtisseries faites plus tôt dans la journée, un miracle qu'elles soient encore présentes et que ses frères ne soient pas déjà passés pour les engloutir. Elle avait profité d'être dans la cuisine pour s'éventer un peu, avoir un peu d'air avant d'étouffer. Une crise de panique était exclue. Pleurer tout aussi exclue. Cet homme avait vu la guerre et elle avait entendu assez de récits sur la guerre pour se faire une idée de ce qu'il avait pu voir. Alors oui, elle voulait rester souriante et accueillante, quand elle déposait l'assiette sur la table basse ainsi que le thé glacé et les verres. Et parce qu'Aedan Jr ne manquait jamais une occasion de se faire entendre, ses petits bras fendaient l'air et il n'était plus au stade de gazouiller, mais de lâcher des petits cris stridents. Ce qu'elle prenait surtout pour des "je suis là, oh, remarque moi". Elle rangeait la lettre dans un tiroir du placard du salon puis se dirigeait vers le couffin pour prendre dans ses bras le bébé aux bouclettes dorées. S'il avait les cheveux de sa mère, il avait tout le reste de son père, il n'y avait bien que les cheveux d'or dont elle pouvait se vanter retrouver chez son fils. Ce serait toujours un peu d'Aedan dans cet appartement. Dans les bras de sa mère, le chérubin se calmait aussi tôt. Peut-être était-ce aussi une mauvaise manie de la mère qu'avoir toujours son bébé dans les bras.

Vous devez être exténué. Avez-vous un lieu où vous reposer, où loger ?

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Message Sujet: Re: [FB] I'll be there for you, these five words I swear to you - Thomas&Moira Mer 07 Mar 2018, 23:26

❝ when you breathe, I want to be the air for you... ❞I'll be there for you, these five words I swear to you.Une seule larme, comme la mère qui avait élevé Thomas. C’était ce genre de femme qui flanchait juste un peu pour ensuite se réfugier dans les devoirs de maîtresse de maison, à proposer à boire et à manger, à occuper ses mains pour ne plus laisser l’esprit souffrir. Combien de fois il avait du voir sa propre mère en détresse, plonger ainsi dans ces actes si futiles ? Comme lorsque son amie d’enfance, en Italie, était décédée d’une maladie. Elle était restée forte le temps d’être en public, puis avait craqué juste un peu, cachée dans sa cuisine. A combien de veillées était-il allé pour voir des dizaines de plats préparés, tous aussi bons les uns que les autres, mais tous inutiles en période de deuil, puisque personne n’y touchera avant un bon moment ? Ce devait être ainsi qu’étaient créées les femmes, pour combler cette fragilité qui les caractérisaient. Après tout, il n’avait pas eu le temps de décliner, qu’elle était déjà partie chercher à boire et à manger, Moïra. Alors, il préféra la laisser faire. C’était ainsi qu’elle allait se consoler, après tout. Comme chaque femme qu’il connaissait se consolait. Il devait y avoir quelque chose de particulièrement consolateur dans le fait de cuisiner, puis de servir.

Elle revint même souriante, aimable comme l’était une femme, avec tout le nécessaire pour une collation : une pâtisserie, un thé glacé, tout disposé sur cette table basse. C’était peut-être cela qui consolait : le fait que malgré la perte, au final, la routine était toujours là. Que cette table allait encore porter des bonnes choses à manger et à boire. Préparés avec attention. Il n’était pas difficile d’imaginer pourquoi Aedan avait épousé cette femme là, au vu de ses talents multiples, et sa beauté aussi. Quel veinard ! Avait-il épuisé toutes ses chances pour mourir ainsi au combat alors que tout l’attendait au pays ? Mourir sur une terre qui n’était même pas la sienne, simplement car il avait eu trop de bonheur d’un coup ? C’était idiot. Et ce n’était qu’injustice pour le bébé qui signalait sa présence, alors même que Thomas remerciait la jeune veuve pour le service.

Droit comme un I, il observa la mère courir au secours du bambin qui avait bien failli le rendre sourd. C’était donc cela un enfant ! Quelle horreur, ces hurlements… Il les préférait bien plus âgés, quand ils pouvaient faire du sport, parler, connaître la bienséance, pas juste communiquer avec ces bruits. Mais il n’en restait pas moins que c’était un tableau touchant qu’il voyait. C’étaient bien là les cheveux blonds maternels mais s’il était difficile de reconnaître des traits adultes sur un visage joufflu de bébé, il y avait malgré tout un peu d’Aedan là. Ah, est-ce que c’était soutenable de voir cela jour et nuit, alors même que Thomas avait un pincement au coeur ? Il répondit tout de même à la question de Moïra :

”Ne vous en faites pas pour moi, je ne suis pas dans le besoin. Ma famille possède une échoppe de chaussure, un peu plus bas dans votre rue, à vrai dire. Et j’ai encore des moyens… D’avant.”

Il racla sa gorge, les yeux fixés sur l’enfant, et il se releva. Serrant son bonnet dans sa main, il en était à présent certain, il voulait être présent pour cette femme. Elle avait mérité cela, après avoir perdu son homme.

”Je suis venu vous présenter mes condoléances et restituer ces lettres qui vous appartenaient. Mais pas seulement. Je viens aussi vous dire que je suis à votre disposition, pour n’importe quel besoin. N’y voyez pas une promesse dans le vent, je suis sérieux. Je sais qu’il peut être difficile de se relever après une perte, et si je constate que vous vous en sortez… Cela pourrait être mieux, et je suis là pour ce mieux.”

Il avait prévu, dans son esprit, de lui donner de l’aide à elle principalement. Il n’avait pas prévu un bébé dans l’équation. Cependant, il fallait prendre le tout ensemble. Ce qu’il ferait pour Moïra, il le fera pour sa décendance. L’un allait avec l’autre, et puis… Quelque part, c’était comme s’il pouvait être encore ami avec Aedan, malgré qu’il ne soit plus là. Parce que c’était forcément Aedan Jr. Et quelque part, c’était rassurant de savoir qu’il y avait toujours une trace de lui. D’autant que ça ajoutait l’envie à Thomas d’avoir lui aussi cette trace. Il l’avait depuis un long moment. Il n’avait juste pas trouvé la bonne remplaçante à Becca. Après avoir encore une fois dégluti, Thomas osa enfin poser cette question, qui n’en était pas une, en réalité, plus une remarque :

”Je constate que vous avez porté l’enfant d’Aedan… Et si la vie d’une veuve est difficile, elle peut l’être encore plus avec un enfant en bas âge.”

Cette aide pouvait résider en n’importe quoi. Si Thomas savait qu’il restait de la famille du côté d’Aedan, il ignorait ce qu’il en était du côté de Moïra, et parfois, c’était utile d’avoir des personnes extérieures. Pour des travaux dans la maison, pour rafraîchir les murs par exemple. Garder l’enfant lors d’un travail, le confier à la petite soeur de Thomas, qui saura bien plus quoi en faire. Eloigner des personnes malintentionnées. Tout ce qui pouvait compliquer la vie de la personne qui restait après le départ d’un ami. En réalité, tout ce qu’il pouvait faire pour qu’il n’y aie plus de cette unique larme, et d’autres après. Thomas était totalement démuni face à la détresse d’une femme, à un tel point qu’il restait encore debout alors qu’une pâtisserie l’attendait sur la table.

Au final, il préféra s’asseoir et commencer à manger. C’était ce qu’il y avait de mieux à faire. Chacun à sa place. Respecter la façon de se consoler de l’une, en simplement avalant ce qui a été préparé pour soi. Ce n’était pas difficile, n’est-ce pas ? C’était ainsi que le monde tournait, et c’était à cela qu’il fallait se raccrocher dès lors qu’une chose en particulier déviait de sa trajectoire - comme la vie d’Aedan qui s’était éteinte, perturbant celles de nombreuses personnes.
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Elle a un fils de quatre mois, Aedan Jr. Elle porte constamment des parfums aux fruits rouges, la cerise étant son préféré.


Message Sujet: Re: [FB] I'll be there for you, these five words I swear to you - Thomas&Moira Jeu 03 Mai 2018, 02:40


I'll be there for you
Thomas & Moïra

« I love making you believe, what you get is what you see, but I'm so fake happy, I feel so fake happy.  If I smile with my teeth, bet you believe me. If I smile with my teeth, I think I believe me. Oh please don't ask me how I've been, don't make me play pretend, oh no, oh what's the use, oh please, I bet everybody here is fake happy too. »
En réalité, Moïra n'avait jamais été si fébrile que ces derniers mois. Moïra était en temps normal le petit clown de la famille Sweeney, elle avait un coeur qui débordait de joie et d'amour - un peu de folie aussi il est vrai. Mais elle avait ce sentiment que la guerre lui avait pris cela, comme une part d'innocence qu'elle tenait à conserver si longtemps que possible mais qui avait disparu avec son époux. Si vous lui demandiez, elle vous répondrait qu'on ne se remettait jamais de perdre son âme soeur, même après tout ce temps elle continuait à vivre dans ce déni et n'était pas prête à en sortir.

On avait essayé de lui inculquer certaines valeurs, certains principes, comment une dame doit se tenir, même si leur famille était peu aisée, il y avait des principes à retenir comme : une femme ne pleure pas en public, elle prend sur elle et attend d'être seule pour tout ressortir. Mais elle en avait inondé des oreillers à faire ça. Mais il fallait croire que ça ne serait jamais assez. Alors sentir une larme couler contre sa joue lui donnait ce sentiment de faiblesse en plus de faire cela devant un homme, un inconnu qui en plus était un soldat, la totale pour qu'elle ait honte et cherche à se réfugier dans sa cuisine même pour quelque secondes. Un soupir, un souffle discret et c'était reparti, sourire aux lèvres, masque repris, masque de circonstances. Songeant que cet homme ne la connaissait pas assez mais que les Sweeney n'auraient pas mis longtemps pour comprendre son regard. Au moins cet homme ne la connaissait pas assez, fort heureusement, elle compterait sur cela pour faire comme si de rien était en déposant tout sur la petite table. Puis reprendre son fils avant que leur tympans n'explosent à cause des cris.

Elle venait finalement s'asseoir sur le canapé, se tournant vers l'homme alors que son bébé s'était calmé et que ses sanglots commençaient à disparaître eux aussi ; un caprice, rien de plus, songeait-elle. Mais elle se devait de demander à cet homme s'il avait un toit sur la tête, un lieu où vivre. Elle connaissait du monde dans Brooklyn, par son enfance mouvementée, une gamine trop vive disait-on, qui parlait facilement, puis par son métier. Elle aurait donc été ravie d'aider cet homme mais visiblement il avait déjà tout ce qu'il fallait, alors elle hochait la tête. Sauf qu'il se levait ensuite et qu'elle le suivait du regard. Allait-il déjà partir, à peine arrivé ?

Voilà qu'il lui parlait et qu'elle en restait muette, sans trop savoir quoi répondre. Lui offrait-il son aide, lui qui revenait de guerre, lui qui n'avait plus grand chose ? Les hommes. Comment prendre ces mots ? Se vexer, être flattée ? Y voir une marque de charme ? Non, il n'oserait pas, elle l'espérait. Il ne serait pas le premier à s'y essayer ceci dit, combien de clients avait-elle ainsi ? Mais lui semblait tout particuliers, avoir connu Aedan et savoir quel homme il était. Pas avait pu être, non, quel homme il était. Quel homme il est. Oui, quel homme il est, cela sonnait bien mieux. Quel homme pourrait seulement venir prendre la femme d'un ami ? Ne pas confondre méfiance et paranoïa serait déjà un pas, se disait-elle. C'était surtout qu'elle ne comprenait pas pourquoi venir l'aider. Il est vrai que l'appartement était un peu bancal, elle aurait pu en changer pour un appartement neuf ou rénové mais c'était ici qu'étaient tous ses souvenirs. Et c'était aussi Aedan qui s'occupait de tout réparer ou repeindre les murs alors forcément. Que répondre ? Elle réfléchissait à ses mots. C'était une charmante offre mais comment pourrait-il l'aider, ça, elle l'ignorait. Ses frères faisaient beaucoup de boulots et même celui d'Aedan, Bruce, faisait du bon travail. Hm. Elle n'allait pas non plus l'envoyer paître alors que cette offre était gentille et lui semblait, tout compte fait, altruiste. Mais la fierté irlandaise, voyez-vous...

Je ne saurai comment vous remerciez pour cette proposition, monsieur Hunt. Mais je n'ai pas besoin d'aide pour l'heure... Mes frères et soeurs m'aident déjà beaucoup, ainsi que mon beau-frère et ma belle-soeur. Je ne suis pas complètement sans ressources...

Toujours dur d'éconduire quelqu'un, elle essayait d'y mettre un peu de tact. Pourtant, justement, cet homme revenait de guerre et tout ce à quoi il pensait c'était venir ici pour lui parler. Elle aurait pu être flattée, c'était honorable. Elle l'était, en un sens. Mais elle était aussi embarrassée, la fierté faisant qu'elle ne voulait pas reconnaître avoir besoin d'aide, même si elle en avait grand besoin. Elle ne pouvait pas remplir le rôle de mère et de père, ne pouvait pas s'occuper seule du foyer et travailler, elle ne pouvait pas réparer la plomberie quand un tuyau fuyait et ne pouvait pas réparer le rideau qui commençait à se faire la malle. Elle ne voulait pas être prise en pitié, ne voulait pas la charité, elle ne voulait pas que l'on vienne à se dire voilà la pauvre veuve, allons l'aider, elle a l'air si mal en point. De quoi la pousser à la réflexion, lui faire se dire qu'elle ferait mieux de mieux cacher ses sentiments à l'avenir pour ne pas paraître pour cette veuve que l'on prenait en pitié et surtout... Surtout... Ce "pauvre Moïra" qu'elle détestait entendre. Fierté irlandaise. Surtout qu'Aedan finirait bien par repointer le bout de son nez, tout n'était plus qu'une question de jours ou d'heures. Ou de semaines. Mais il reviendrait tôt ou tard. Alors pas besoin de la considérer comme une veuve sans ressource, sans rien. Elle était une femme mariée et son mari était parti à la guerre. Le pouvoir du déni.

Pourtant, inconsciemment, elle ne regardait pas les cadres photos sur les meubles, elle les évitait du regard, les photos d'elle et Aedan, d'Aedan et sa famille. Moïra reprenait juste un peu de poil de la bête en se disant qu'elle ne voulait pas passer pour cette femme que l'on plaignait, que c'était hors de question de devenir cette femme-là. Elle ne pleurerait pas sur son sort. Pas en publique en tout cas. Pourtant le jeune homme mettait le doigt sur ça. La vie d'une veuve qui était difficile, surtout avec un enfant. Elle n'allait pas mentir, lui dire que c'était simple, ce serait faux sur toute la ligne. Mais c'était cette idée qu'Aedan passerait un jour à nouveau le pas de cette porte qui lui permettait de tenir. Se dire qu'elle faisait tous ces efforts aujourd'hui parce que demain, Aedan reviendrait reprendre son rôle. On pouvait lui dire qu'elle était folle, qu'importe. Elle faisait tous ces efforts, cela valait la peine. Aedan avait fait bien pire à la guerre, elle en était convaincu alors, était-elle à plaindre ? Est-ce qu'elle était en droit de se plaindre ? Non, surtout pas face à cet homme-là qui lui aussi avait vécu ces atrocités, qu'elle ne pouvait qu'imaginer. C'était déjà atroce à la radio et les journaux, c'était atroce, ce manque des êtres aimés et partis en guerre. Mais était-ce la seule raison pour que Moïra soit ainsi ? Non. Parce qu'elle n'avait pas perdu qu'un époux à la guerre, ce n'était pas juste son âme soeur qui était parti. C'était aussi son petit frère, qui était parti et n'était jamais revenu. Sauf que pour son frère, c'était une lettre officielle qu'ils avaient reçus, on s'était déplacé pour leur annoncer, la totale. Pour Aedan, c'était à peine si on avait prévenu sa "veuve". C'était aussi cela qui la poussait à se dire qu'Aedan devait être encore en vie, la façon dont cela s'était passé pour son jeune frère. Ce n'était pas qu'un deuil qu'elle devait faire, c'était deux. Alors le déni avait cet aspect réconfortant. Je n'ai pas perdu un époux et un frère, on m'a arraché un frère et mon mari s'est perdu en route. Mais cela, son frère, elle le gardait pour elle. La guerre ne faisait aucun cadeau et les Sweeney le savaient tous. Le monde entier le savait. Elle inspirait profondément. Pense à autre chose. Tu songeras à tout ceci plus tard, lorsque tu auras le temps. Elle se perdait souvent dans ses pensées.

Elle regardait finalement le jeune homme manger. Elle se demandait pendant un instant s'ils ne jouaient pas au jeu du "c'est lui/elle qui souffre, pas moi". Pouvait-elle seulement lui dire qu'elle était convaincue qu'elle n'était pas veuve ? Il pourrait lui répondre qu'il l'avait lui-même perdu de vu, qu'on ne retrouvait pas toujours les corps à cause des déflagrations. Mille et une raisons trop horribles pour elle à apprendre. Et elle nierait. Et il la prendrait pour une folle et cela n'irait pas bien loin.

Il est vrai... Que ce n'est pas facile tous les jours. Ce ne le sera pas les jours à venir non plus. Mais à sa façon, Aedan veille sur nous, là où il est. Je sens qu'il est là, quelque part. D'un point de vue matériel, je travaille et cela paie bien. Je peux payer les factures, la nourriture et tout ce qui est utile. On nous donne aussi une pension qui aide à arrondir les fins de mois. Nous ne sommes pas à plaindre, malgré tout. Il y a pire que moi. Bien pire.

Glisser ça quelque part. Il est là, quelque part. Elle aurait pu dire que depuis le ciel il veillait sur eux, cela aurait pu dire cela, comme cela aurait pu dire, il est juste perdu, il faut juste le retrouver, le ramener. Les Sweeney avaient depuis longtemps cessés de lui parler d'Aedan. Des raisons simples ; il fallait avancer, songer à l'avenir. Ne pas s'enfermer dans ces pensées. Mais s'occuper, elle ne pouvait pas toujours le faire et voir cet homme venir n'aidait pas. Ou alors si. Ou non. C'était compliqué, quand elle essayait de faire le point avec elle-même. Mêlée entre sa fierté la poussant à refuser de l'aide et ce : aidez-moi, j'en ai besoin. Mais comment ? Elle ne pouvait pas lui demander l'impossible comme retrouver Aedan. Elle manquait d'idées et ne voulait pas non plus abuser de la gentillesse de cet homme. Car il dégageait quelque chose de bon, cet homme. C'était pour cela qu'elle avait mis ses suspicions de côté, il semblait gentil, bienveillant. Elle comprenait aussi pourquoi Aedan avait été proche de lui, elle comprenait que ce n'était pas juste la guerre et le besoin de se rapprocher de quelqu'un. Alors quelque part, elle était contente qu'Aedan ait eu des amis comme ce Thomas. Elle savait qu'il avait du en avoir beaucoup là-bas, mais c'était lui qui était venu jusqu'ici alors qu'ils ne se devaient peut-être rien. C'était lui qui lui offrait son aide sans demander quoi que ce soit en retour, après tout, elle lui avait plus ou moins suggéré de venir ici s'il n'avait pas de toit, c'était ce qu'indiquait sa question sur le logement de cet homme. Il y avait deux chambres, celle d'Aedan et elle-même et celle d'Aedan Jr qui, de toute façon, passaient ses nuits dans le lit de sa mère. Mais non. Il ne demandait rien et mangeait juste la pâtisserie qu'elle lui avait proposé.

Elle caressait le dos d'Aedan Jr. Elle souriait, à nouveau.

Peut-être pourriez-vous venir à mon travail, un soir. Vous verriez que tout va bien. Cela vous rassurerait peut-être.

Elle n'allait pas l'envoyer paître alors qu'il se proposait si généreusement. Elle songeait que, peut-être que lui aussi, avait besoin de se changer les idées, de faire quelque chose. S'occuper l'esprit et les mains. Être utile à autre chose que tenir une arme.
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Message Sujet: Re: [FB] I'll be there for you, these five words I swear to you - Thomas&Moira Jeu 03 Mai 2018, 18:15

❝ when you breathe, I want to be the air for you... ❞I'll be there for you, these five words I swear to you.Thomas n’avait pas vraiment réfléchi tandis qu’il se rendait chez cette femme, pour donner ses condoléances, offrir son aide. Il n’avait pas pensé qu’il n’était pas le seul à être capable de tendre la main à cette femme, et il se souvenait maintenant que Aedan avait un frère, une famille entière, et que cette femme n’était pas une orpheline. Il était bien le dernier arrivé, et il n’avait rien à faire là, sinon rendre ce bien qu’il possédait, cette lettre de Moïra qu’il avait gardée sans vraiment savoir pourquoi. Alors, quand elle l’éconduit simplement, avec tout le tact dont elle était capable, il hocha simplement la tête, comprenant. Quelque part, Thomas était atteint du complexe du superhéros. Il voulait faire quelque chose, aider. Il espérait réellement le faire. Mais espérer aider quelqu’un, c’était aussi espérer que cette personne soit dans les ennuis. Alors, ce n’était finalement pas plus mal qu’il soit éconduit, il préférait cela. Il ne comprenait pas encore que Moïra avait encore cet aspect de la fierté en commun avec sa mère. Exactement de la même façon qu’elle ne lâcherait pas les vannes en public, elle n’osera pas forcément dire ce qui n’était pas bon, ce qui avait besoin d’une action extérieure. On parlait des italiens, mais les irlandais n’étaient pas beaucoup mieux, de ce côté-là…

Et puis, Thomas n’était pas de ces êtres compliqués. Son esprit n’avait pas autant de complexion que celui d’une femme – à ses yeux. Voire même il pouvait se montrer très simple, ne s’accordant pas le doute. Il n’était pas de ces hommes qui étaient remplis par l’espoir. Pour lui, Aedan était mort, et cela avait un caractère totalement définitif. Il savait combien de ses camarades étaient morts, il n’en avait pourtant pas vu les corps. Beaucoup de raisons possibles à cela… Les obus, les charniers qui se décomposaient, les prisonniers… Même les dog tag ne suffisaient parfois pas. Certains ennemis s’amusaient même à les retirer de certains corps, quand ils en avaient le temps ou quand ils avaient forcé les américains, les français, à reculer. Ils savaient combien c’était mauvais pour le moral des troupes de ne pas être certain d’identifier une personne avec qui on avait combattu. Alors, pour Thomas, quand l’armée avait déclaré Aedan comme mort, il avait accordé toute sa confiance en cette déclaration. Après tout, c’était facile à constater, que son ami n’était pas dans cette pièce.

Et imaginer qu’il était encore là, c’était contre-productif à son sens. Du temps perdu. Ah s’il savait ce Thomas à quel point il faisait fausse route ! Et bien, d’ailleurs. Comme une série de tonneaux dans le décor, et la chute allait être dure.

Alors, quand Moïra déclara qu’elle sentait qu’il était là quelque part, qu’il veillait sur elle et son enfant, il ne comprit pas qu’elle était dans le déni pur et dur, qu’elle ne pouvait croire à sa mort. Il prit cela tout simplement pour des paroles de personne croyante, en laquelle il pouvait parfaitement se reconnaître. Il ressentit même le poids de sa propre croix, qu’il avait accrochée à son dog tag, qu’il ne se résolvait pas à enlever, même à présent que la guerre était derrière lui. Il croyait fermement en Dieu, il avait été élevé dans une famille fermement catholique, et c’était bien cela qui lui donnait aussi l’impression que les disparus veillaient sur lui. Il voyait alors en Moira une femme simple, qui faisait son deuil comme elle pouvait. Comment aurait-il deviné ?

Comment, hein ?

« Je suis content que vous pensiez ainsi. Et que votre situation ne soit pas si terrible. Dans tous les cas, si personne ne répond à votre appel, sachez que je serai là. »

Il fit un sourire de compassion, et reposa l’assiette de la pâtisserie qu’il avait mangée sans même y penser, tandis qu’il avait écouté la jeune femme. Elle était bonne, mais il avait la gorge serrée, ainsi il ne l’avait pas appréciée comme il aurait pu le faire dans une situation plus joyeuse, ou du moins, moins triste. Il l’écouta d’ailleurs lui proposer de venir la voir à son travail, un soir. Ah, oui ! Elle était chanteuse, danseuse. Il se souvenait de cela, il se souvenait aussi de son ami se plaignant que certains hommes pouvaient se montrer insistants. Cela lui donna le besoin irrépressible de mettre le point sur ses véritables intentions, car ce n’était pas forcément évident de prime abord. Après tout, il était un homme inconnu, qui venait taper à une porte proposer son aide. Il pourrait avoir un désir caché, Moïra étant une belle femme, cela n’aurait pas été étonnant.

« Je n’y manquerai pas. Cependant, je pense qu’il sera bien que je… Enfin, si je propose mon aide, comprenez que je n’attends rien de vous, sinon votre amitié. Jamais je n’oserais tenter de séduire la veuve d’un ami, surtout qu’Aedan m’a sauvé la vie un certain nombre de fois. Peut-être que ces paroles seront creuses à vos yeux, étant donné que nous ne nous connaissons pas, mais vous aurez l’occasion de vous en rendre compte. En bon catholique, je respecte aussi les liens du mariage et, malgré son absence, je reste persuadé que vous ne cherchez pas à… »

Il ne termina pas sa phrase, assez gêné. Il ne voulait pas commettre d’impair, de jugement, qui ne lui vaudrait finalement qu’une seule chose, qu’elle le mette dehors. A vrai dire, il serait étonnant qu’elle rencontre un autre homme, mais elle pouvait bien faire comme il lui chantait, n’est-ce pas ? Qui était-il pour chercher à lui dire quoi faire ? Elle était une femme certes, mais elle pouvait parfaitement décider qu’elle ne pouvait pas rester seule. Cela serait précipité, mais enfin… Ah, cela s’embrouillait dans son esprit ! C’était cela de ne pas être dans sa zone de confort.

« Enfin, vous comprenez. »

Il resta dans le silence un instant, observant le bébé. Il ne savait pas quoi dire d’autre, il n’avait pas pour habitude de gérer le deuil, la perte, surtout auprès d’une personne qu’il ne connaissait qu’au travers de mots, d’histoires, d’anecdotes contées pour passer le temps, pour oublier le cadre dans lequel nageaient Aedan et Thomas. Un instant, il en voulut même à l’homme d’être parti vers d’autres cieux, il aurait bien préféré être assis dans ce fauteuil, pour assister au baptême d’Aedan Jr, rire de pitrerie de l’enfants, rencontrer la famille d’Aedan, qu’il n’osera probablement jamais rencontrer de lui-même. Rencontrer la veuve avait semblé normal, dans son esprit. Elle était impactée d’une façon que Thomas comprenait, c’était plus facile. Une famille, c’était plus étrange. Il ne saurait pas quoi dire. Il ne savait pas déjà quoi dire à présent. Comme s’il avait rempli sa mission.

Sur ces paroles, il ressentit l’énorme besoin de laisser Moïra tranquille. De ne pas forcer sa présence, de ne pas la lui imposer. Tout était dans ses mains à présent, après tout. Il avait promis qu’il viendrait voir son spectacle, après tout, Aedan en avait tant parlé qu’il était à présent temps qu’il découvre de ses propres oreilles et yeux le talent de cette artiste. Il se souvenait d’une fois où Aedan avait chanté une chanson, essayant de rendre le moral morose un peu plus viable. Cela avait réussi, créant une espèce de cacophonie étrange avec les soldats aux voix pas forcément justes, qui avait même fini sur un fou rire sans raison, mais salvateur. Aussi, il se leva pour se diriger vers une table où il trouva de quoi noter. Il tenait à laisser le numéro de téléphone ainsi que son adresse, afin qu’elle puisse faire ce geste de besoin à n’importe quel moment.

« Voici comment vous pouvez me contacter. A n’importe quel moment. Pour parler d’Aedan, ou pour garder le petit… Pour ce rideau ou cette fuite. »

En cherchant de quoi noter, il avait remarqué certaines choses qui ne tournaient pas rond. Il avait entendu ce floc floc venant de l’évier. Ce rideau qui ne filait pas trop droit. Il avait compris qu’elle était entourée, mais était comme sa propre mère : qu’elle avait sa fierté. Cette même fierté qui faisait qu’on était obligé de deviner parfois ce qu’il fallait. Il connaissait cette façon de fonctionner, alors il avait glissé cette allusion, à ces problèmes domestiques comme à un partage de souvenirs, ce qui pouvait être une façon d’avancer tout en riant un peu, car Thomas en avait des petites anecdotes amusantes sur Aedan. A la guerre, l’humour était étrange mais il était là. A voir si elle le souhaitait. Il était prêt à mobiliser ses talents de bricoleur et ses souvenirs pour la bonne cause.

Et pour clôturer cette première rencontre, cette introduction, il referma sa veste, tout en donnant le papier en question à Moïra. Il espéra quand même qu’elle saura prendre cette main tendue. Car sinon, il ignorait comment garder le contact, et il en avait besoin. Pourquoi ? Encore une fois, aucune idée. Il ne voulait plus être seul, certainement. Car au front, Aedan et Thomas s’étaient promis de se retrouver, de ne pas se lâcher, puisqu’ils vivaient dans la même ville, pas si loin l’un de l’autre. Une amitié née dans la boue et le sang, qui allait continuer dans un univers plus civilisé, plus pacifique.
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Message Sujet: Re: [FB] I'll be there for you, these five words I swear to you - Thomas&Moira Jeu 03 Mai 2018, 19:36


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« I love making you believe, what you get is what you see, but I'm so fake happy, I feel so fake happy.  If I smile with my teeth, bet you believe me. If I smile with my teeth, I think I believe me. Oh please don't ask me how I've been, don't make me play pretend, oh no, oh what's the use, oh please, I bet everybody here is fake happy too. »
Elle se contentait d'acquiescer d'un simple signe de tête lorsque l'homme lui répondait, heureux qu'elle prenne les choses ainsi, disait-il. Il ne se doutait donc pas de la portée de ces mots et c'était peut-être mieux ainsi. Il n'avait pas besoin d'en savoir plus, après tout, cela n'aurait servi à rien.

Elle manquait de rire. Un peu moqueur il est vrai mais les mots étaient touchants, c'était pour ça qu'elle se retenait de rire. Séduire une femme au coeur déjà pris était une chose impossible, Moïra était éprise depuis bien trop longtemps pour seulement songer à un autre homme comme elle songeait au sien. Alors oui, c'était amusant comme idée. Cela lui avait traversé l'esprit au début, cela l'avait inquiété ; et s'il venait pour ça ? Mais c'était lorsqu'elle entendait ces mots qu'elle se prenait à sourire avec amusement. On ne pouvait guère prendre une femme déjà conquise. Impossible même pour le plus patient des hommes. Moïra avait eu la chance de rencontrer son âme soeur et elle n'attendait plus rien depuis, même si elle finissait par se faire une raison sur Aedan. En bon catholique, je respecte aussi les liens du mariage et, malgré son absence, je reste persuadé que vous ne cherchez pas à… Elle manquait de rire à nouveau. Elle répondait doucement mais il est vrai que ses mots pouvaient possiblement piquer ;

Aedan McLeod est l'amour de ma vie, monsieur Hunt. Jusque dans la tombe je lui serai loyale et fidèle. Il a donné sa vie des mois durant pour notre liberté et celle des opprimés, croyez-vous que je pourrais ainsi me détourner parce qu'un papier m'a été adressé indiquant sa mort ? C'est impossible.

Si dur ce soit pour une femme d'être seule à cette époque, si dur ce soit pour une femme de ne pas se remarier quand elle le pouvait, surtout si jeune qu'elle était, elle aurait du en profiter pour se retrouver un bon parti, tout le monde lui disait. Mais comme elle le disait à cet homme, Aedan est l'amour de sa vie. Hors de question donc de batifoler avec qui que ce soit et c'était sa façon de se montrer claire sur le sujet, si c'était ce qu'il sous-entendait, qu'elle puisse vouloir chercher ailleurs. Elle méprisait déjà bien des femmes de s'être remariées alors que leur maris étaient morts bravement à la guerre alors ce n'était pas pour faire de même. Elle pouvait être gentille, Moïra, parfois beaucoup trop, mais là-dessus, elle ne plaisantait pas. Elle suivait juste l'exemple de sa propre famille, on se marie une seule fois, par amour, point, peu importe la difficulté, on reste loyal, on reste fidèle. Ce serait ce même principe qu'elle inculquerait à son fils. Elle ne savait pas quelle image elle devait dégager à cet homme mais cela lui faisait bizarre autant qu'elle comprenait. Mais cet homme n'avait connu Aedan qu'au front, il ne l'avait pas connu comme elle l'avait connu, tant ce petit fripon qu'il était petit que cet adulte qu'il était devenu.

Je vous remercie toute fois de votre sollicitude, monsieur Hunt. C'est toujours réconfortant de voir qu'Aedan avait des amis au front qui se souciaient autant de lui pour venir rencontrer son épouse une fois rentré et s'assurer de son état. Vous êtes un homme bon, monsieur Hunt.

Histoire de ne pas être trop virulente non plus, sait-on jamais comment ses premiers mots pouvaient être interprétés, c'était délicat, presque inconfortable, elle n'en n'avait pas l'habitude, ces situations. D'habitude elle mettait les gens facilement à l'aise avec une petite plaisanterie ou deux mais là, cela coinçait. Ce ne serait que pour cette rencontre elle l'espérait, après tout, elle n'avait pas été préparée à recevoir une telle visite. Qui pouvait seulement l'être ? Chaque fois que la sonnette retentissait elle s'attendait à voir un visage particulier. Bref. Elle le suivait du regard, au moins il avait mangé, c'était toujours ça. Elle aimait recevoir, elle aimait voir les gens bien manger et bien boire, une façon comme une autre d'accueillir chez elle. Et elle le regardait noter quelque chose.

Comment le contacter, d'accord. Le rideau ou la fuite. Oh. Euhm. Comment dire. Elle se raclait un peu la gorge.

Les amis d'Aedan sont les bienvenues sous notre toit. Passez donc quand vous le souhaitez prendre le thé ou si vous-même avez besoin d'aide. Ou besoin de parler. Vous avez notre adresse alors... N'ayez crainte de venir ici. Même juste pour parler.

Lui retourner les choses. C'était intimidant de se voir offrir cette aide, ce n'était pas rare dans ce quartier, tout le monde se connaissait depuis toujours et s'entraidait mais... Intimidant malgré tout. Elle se levait enfin avec le bébé éveillé mais calme dans ses bras, ses yeux allant ça et là à travers la pièce quand Moïra s'avançait simplement vers le jeune homme. Elle prenait le papier. Juste parler, oui. Peut-être que lui aussi en avait besoin.

Elle se dirigeait vers la porte, comprenant que l'homme n'avait sûrement pas envie de s'attarder plus longtemps, il y avait des gestes, des signes qui ne trompaient pas et elle ne pouvait pas lui en vouloir. Un merci muet, un signe de tête pour le remercier à nouveau. Aedan Jr qui commençait à faire son poids mais qu'elle continuait à porter. Elle avait été assez idiote pour laisser son époux partir, elle ne referait pas la même erreur avec son fils.
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Message Sujet: Re: [FB] I'll be there for you, these five words I swear to you - Thomas&Moira

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[FB] I'll be there for you, these five words I swear to you - Thomas&Moira

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