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Ce "mais" dans l'imperfection - Thomas&Jessica

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Message Sujet: Ce "mais" dans l'imperfection - Thomas&Jessica Mar 02 Jan 2018, 03:47

❝ On rencontre toujours un " mais " dans ce monde si imparfait. ❞Ce "mais" dans l'imperfection.Il dansait comme si sa vie en dépendait. Avec des inconnues, il pensait même en avoir embrassée une ou deux, portée par cette liesse généralisée dans ce bar. Il n'en était plus trop sûr, parce qu'il était plus en train de se défouler, que réellement en train de s'amuser. Il était revenu du front, il avait encore ces images dans la tête, et tout ce qu'il voulait, c'était les repousser. Et crier des chansons avec des poivrots, danser avec ces beautés, jouer à ce jeu innocent du flirt, pour ensuite se dérober, c'était assez... Efficace. Il avait donc un peu bu, le Thomas. Et il devait attendre un peu, que ça s'en aille, avant de rentrer chez lui - sinon, sa mère allait certainement prier les yeux au ciel pour son âme, son père le regarderait d'un air déçu, et sa soeur le réprimanderait certainement.

Ainsi, malgré cet orage étrange qui avait frappé très rapidement un peu plus tôt, il avait décidé de faire un tour, de marcher un peu, après tout, c'était une magnifique journée. Et puis il était un peu lassé des festivités qui allaient du matin au soir puis du soir au matin. De plus, les festivités étaient telles que certains se mettaient en tête d'avoir un style vestimentaire étrange, parfois même totalement affolant : est-ce qu'il avait réellement vu une femme avec ces vêtements aussi moulants ? Rien n'était laissé à l'imagination, et il avait un peu grimacé en voyant ça. Thomas n'était pas de ces puritains qui étaient choqués par le moindre bout de peau qui était dévoilé - sinon, il ne serait pas acteur. Et puis il en avait vu des belles, sur des lieux de tournage. Non, il n'était pas un puritain. Simplement... Il ne fallait pas pousser, et ce tissu était vraiment bien trop près du corps.

Enfin, il ne s'en occupait pas plus que cela en réalité. Il marchait, dans ses pensées, un peu. Les vapeurs d'alcool s'en allaient, alors qu'il n'était plus aussi actif que quelques instants plus tôt. En réalité, il voyait les choses sans voir. Il commençait à être... Nostalgique.  Il ne faisait même plus vraiment attention à où il marchait, ses pas le guidant vers un salon de thé, il pensait qu'un thé au citron serait bien pour retirer l'odeur d'alcool de sa bouche. Quant aux senteurs forte du salon... Peut-être que cela retirerait ces relents sur ses vêtements ? Il avait son but, alors, autant avancer, en mode automatique, comme ces missiles qui avançaient vers leur cible, sans dévier.

Il avança ainsi, jusqu'à rentrer dans une personne, une femme. Il sursauta, recula d'un pas, prêt à aider si la personne s'était écroulée à terre. La mine coupable, il retira immédiatement ce bonnet, qui dissimulait ses cheveux indomptables malgré ses efforts - et s'excusa, main tendue :

"Je vous prie de m'excuser, j'étais dans mes pensées... Je n'ai pas su me décaler. J'espère ne vous avoir fait aucun mal ?"

Thomas était ainsi, à s'excuser vraiment lorsqu'il avait bousculé une jeune femme. Sa mère le lui avait apprit ainsi après tout, la galanterie... Et puis, il reconnaissait cette femme, enfin, il l'avait remarquée un instant auparavant, au loin. Hé bien, il devait sacrément révasser, le Thomas, pour finalement lui rentrer dedans...
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Message Sujet: Re: Ce "mais" dans l'imperfection - Thomas&Jessica Lun 15 Jan 2018, 01:58


Ce "mais" dans l'imperfection

Avec Thomas Hunt

Say that I'm crazy or call me a fool but last night it seemed that I dreamed about you.


 
Ier soir en 1945

C’est si étrange de se dire que l’on a remonté le temps. Ce n’est pas quelque chose que l’on prend à la légère. Jouer avec le temps a toujours été quelque chose de dangereux, de mystérieux et d’incontrôlable. Malgré tout, le changement d’époque n’a pas permis à certains d’oublier de vieilles querelles. Pour nous, les voyageurs, rien n’a changé. C’est déstabilisant, je ne peux pas le nier. Nous n’avions pas une vie de rêve avant de quitter 2019. La guerre contre Thanos était loin d’être quelque chose d’agréable, alors forcément, se retrouver à une époque où le monde ressemble encore à quelque chose, où les humains ont de l’espoir et le sourire aux lèvres, une période où la guerre appartient au passé, ça fait du bien au moral mais aussi au corps. Je n’ai plus cette crispation que j’avais constamment avant de quitter le vingt-et-unième siècle.

Une fois la décision prise de nous installer dans ce vieux bâtiment apparemment abandonné, j’avais décidé de m’éclipser, de prendre mes distances. J’ai toujours aimé marcher de nuit pour réfléchir et pour m’aérer l’esprit. C’est quelque chose que je n’ai pas fait depuis si longtemps tant les extérieurs étaient dangereux. Se retrouver dans les rues de New York signifiait s’exposer au danger. Mais là, c’était si calme, si paisible et en même temps si vivant. J’ai presque les larmes aux yeux rien que de penser que tout est derrière nous – ou devant, selon les points de vue. Tout est si paisible, j’ai l’impression d’être dans un monde totalement différent, comme si le mal avait été chassé de la Terre. Bien entendu, je suis consciente que ce n’est pas le cas mais rien que d’y croire ce soir-là, c’est agréable.

Je me promenais donc dans les rues de New York, seule et presque joyeuse. Je portais les vêtements qu’on avait pu rapidement récupérer afin de passer inaperçue. Le lendemain allait être éprouvant puisqu’il allait falloir s’organiser pour mettre de l’ordre dans ce bâtiment et aussi pour trouver une solution pour survivre, rester discret et finalement un jour retourner en 2017, notre destination initiale. Pour le moment, l’heure est bonne pour faire le vide. J’essaye de ne pas penser à mon père. Evidemment que l’idée de le retrouver m’a traversé l’esprit et pas moins d’une fois, c’est indéniable. Je chasse pourtant cette idée. Je ne peux me permettre de faire savoir à mon père que je suis là, il saurait que quelque chose ne va pas alors que je suis censée être encore dans cet accélérateur génétique. Mes pensées me font oublier où me guident mes pas. A en croire l’architecture des bâtiments qui m’entourent, il semblerait que j’ai fini par atterrir à Brooklyn. Traverser le pont à pied a paru plus rapide que lorsque je le faisais en courant, le matin.

J’ai toujours ce réflexe de mettre ma main dans ma poche pour tenter d’attraper mon téléphone portable ne serait-ce que pour regarder l’heure ou prendre une photo. Si poster sur les réseaux sociaux a été la dernière de mes occupations ces dernières années, le réflexe est malheureusement toujours présent. Rien de tout ce qui est électronique n’a fait le voyage avec nous et ce n’est pas plus mal. Réapprendre à vivre sans toutes ces choses risque d’être un véritable challenge pour certains. Enfin, ces pensées m’empêchent de réellement me concentrer sur ma trajectoire si bien que je finis par entrer en collision avec quelqu’un. Je ne pensais pas rencontrer quelqu’un à une heure aussi tardive à Brooklyn mais vu l’impact, il est impossible que ce ne soit que mon imagination. Une voix masculine s’adresse alors à moi, je relève la tête pour voir qui me fait face et durant quelques secondes j’ai cru être retournée dans les années 2000. Ce visage, ces traits, ils me sont si familiers et pourtant, je ne saurais dire si je le connais vraiment. Serait-ce à cause de tout ce que j’ai visionné durant mon hibernation de soixante-dix ans ? Je l’ignore.

« Il n’y a pas de mal, je n’étais pas franchement en train de regarder où j’allais moi non plus. »

Je lui adresse un sourire. Il y a quelque chose sur ce visage d’à la fois familier et rassurant. Moi qui devais rester discrète, il semblerait que je sois mal partie. J’aurais pu simplement continuer mon chemin  après l’avoir salué, mais ce n’est pas ce que je décidai de faire.

« Vous êtes du quartier ? Il semblerait que je sois perdue. »

Ce n’est pas totalement faux, je connais plutôt bien l’Ouest de Brooklyn, plus particulièrement Williamsburg, mais tout semble si différent et je pense qu’une femme seule dans la rue la nuit en 1945 n’est pas chose courante.

« Je cherchais quelque part où aller boire quelque chose de chaud, vous sauriez me recommander quelque chose à cette heure-ci ? »

Je n’allais pas marcher tout la nuit après tout et l’idée de ne pas savoir où est-ce que j’aurais pu croiser ce visage me tracassais tellement que je n’avais pas envie de le laisser partir tant que ce mystère ne serait pas résolu.



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Message Sujet: Re: Ce "mais" dans l'imperfection - Thomas&Jessica Mer 17 Jan 2018, 23:12

❝ On rencontre toujours un " mais " dans ce monde si imparfait. ❞Ce "mais" dans l'imperfection.Thomas était content de ne pas être face à une femme acariâtre qui lui aurait tenu rigueur de sa maladresse. Après tout, ce n’était là qu’un léger accident, qui ne semblait pas avoir fait de mal. Bien qu’elle aie semblé bien plus surprise que la moyenne des personnes qui serait rentrée en collision avec une autre. Enfin, il n’allait pas chercher à polémiquer, la voyant sourire, et il était même prêt à reprendre sa route. Sauf que la jeune femme sembla lui demander quelque chose, s’il venait de ce quartier. Elle était perdue ! La galanterie enseignée à Thomas par sa mère revint au galop. On ne pouvait rien refuser à une demoiselle en détresse.

”J’ai longtemps vécu dans ce quartier, dites moi ce que vous cherchez, je ferai de mon mieux !”

Thomas était de ces hommes qui se plaisaient à aider les jeunes femmes. C’était après tout son rôle, en tant qu’homme, de prêter main forte au sexe faible, non ? D’une certaine façon, il n’était pas impossible qu’il mette un terme à sa soirée peu après, autant y mettre une sorte d’apothéose. Cependant, il ne s’attendait pas à ce qu’une femme lui demande un lieu pour boire quelque chose de chaud, à cette heure-ci, seule. Généralement, les femmes étaient assez occupées, à faire à manger par exemple, ou bien étaient parvenues à trouver un moment de libre pour faire la fête. Pas juste boire quelque chose de chaud. Disons que c’était curieux. Enfin il ne se posa pas plus de question, repositionna ses cheveux avant de les dissimuler sous son bonnet et offrit son bras à la demoiselle, en lui disant :

”J’ai l’endroit tout indiqué ! Un endroit très convenable. Ce n’est pas très loin d’ici même. Je peux vous y accompagner, si vous le souhaitez...”

Il avait pensé directement au salon de thé qui proposait des boissons chaudes, peut-être un peu chères, mais dont Sorellina vantait les mérites chaque fois qu’elle s’y rendait avec ses amies. Combien de fois Thomas avait-il entendu des histoires sur ce salon de thé qui semblait être à la fois très calme et divertissant ? De plus, il devait avouer que la jeune femme était avenante. Il était bien plus facile d’être agréable avec une créature souriante, et c’était probablement même cela qui poussa Thomas à ne pas juste lui donner des indications de route. Après tout, il était sorti de ce bar pour se promener, marcher un peu… Autant rendre cette promenade productive. Et puis, l’endroit qu’il voulait proposer à la jeune femme n’était pas très loin de sa propre maison, c’était peut-être là l’occasion de juste retourner chez lui, se reposer. Ou plutôt se morfondre encore sur son sort… Ce qui n’était pas particulièrement enviable.

Tout en guidant la jeune femme en route, cependant, il lui sembla nécessaire de se présenter auprès de celle qu’il guidait, histoire de continuer à tenir les convenances :

”Je me présente, je suis Thomas. Et vous ? Puis-je vous demander aussi ce que vous faites par ici toute seule, si vous ne connaissez pas le quartier ? Il peut être dangereux pour une femme seule de s’y promener…”

Autant Thomas adorait son lieu de vie, autant il n’avait jamais laissé sa propre soeur seule se promener. A l’exception de lorsqu’elles étaient avec ses amies, il l’avait accompagnée partout, et quand il n’était plus là pour ça, c’était son père ou un jeune homme du quartier qui s’en chargeait. Car ici était un endroit assez pauvre, où l’ont pouvait trouver un peu de tout. Il n’était même pas rare de trouver des rustres sans savoir vivre qui appréciaient un peu trop le jeu de la séduction alors même que les jeunes filles n’étaient pas intéressées. Ou pire ! Ils pouvaient profiter des sentiments parfois faciles à arracher des femmes qui étaient peut être un peu trop couvées et ignoraient tout de la véritable nature des hommes.
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Message Sujet: Re: Ce "mais" dans l'imperfection - Thomas&Jessica Ven 26 Jan 2018, 00:28


Ce "mais" dans l'imperfection

Avec Thomas Hunt

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Ier soir en 1945

Ma maladresse me perdra un jour. J’ai toujours été maladroite dans la vie de tous les jours, ce qui est assez ironique lorsque l’on sait avec quelle adresse je manie mes pouvoirs. Je suis tête en l’air et peu concentrée, c’est encore plus vrai ce soir. Tout ce changement est si bouleversant que je ne suis même pas certaine de savoir comment me comporter en 1945. Les vêtements ne font pas tout, le langage, le vocabulaire, tout cela est important. C’est assez frustrant de se dire que j’aurais dû grandir à cette époque et qu’au final, à part quelques flash qui m’ont été projeté lors de mon très long coma, je ne sais absolument rien. Ce n’est pas naturel, ce n’est pas inné, toute mon enfance avant l’incubation paraît comme un lointain souvenir. Ma vie est au XXIème siècle.

Il semblerait que pour une fois, ma maladresse m’a conduite vers un chemin pas si terrible que ça. L’homme avec qui j’étais entrée en collision me disait vaguement quelque chose, c’est une sensation étrange est pourtant agréable. C’est comme si j’avais le nom de la personne à qui il me faisait penser sur le bout de la langue mais que j’étais incapable de m’en souvenir. C’est frustrant et à la fois amusant, peut-être ne serais-je pas ravie de savoir qui est cette personne qu’il me rappelle tant. Je lui fais savoir que je suis perdue. Je ne connais pas le Brooklyn des années 40, tout est si différent, si calme. L’homme semblait avoir des solutions à tout ce qu’il me manquait. Je lui adressai un large sourire. C’était la première fois que j’échangeais avec un humain de manière aussi simple, un humain qui ne me connaît pas, qui ignore ce que je suis, ce que j’ai fait…

« Un peu de compagnie ne sera pas pour me déplaire. »

J’essayais de ne pas faire trop de sous-entendus qui pourraient être mal interprétés. Quels sont les meurs en ces temps ? Une jeune femme seule, ce n’est pas habituel, pas à ma connaissance. Nous nous sommes alors mis à marcher en direction de ce lieu qu’il disait être tout indiqué. J’étais peut-être trop naïve de suivre un inconnu mais malheureusement pour lui, s’il tente de s’en prendre à moi, je saurai me défendre. Cependant j’ai envie de croire à l’innocence de cette rencontre et de cet échange. J’espère simplement que mes vêtements sont suffisamment recouvrant pour ne pas laisser se disperser mes phéromones. J’ai l’impression qu’il m’est impossible d’avoir une discussion normale avec un homme sans qu’il n’en subisse les effets. Si la guerre n’avait pas éclaté… j’aurais peut-être finalement pu prendre un antidote pour me débarrasser de ces effets néfastes. L’homme me tira de mes pensées pour se présenter. Thomas…

« Je suis Jessica. Je sais qu’il est inhabituel pour une femme d’être seule à une heure aussi tardive mais j’ai mes raisons... »

Je lui adressai un sourire, le laissant imaginer tout ce qu’il voulait imaginer avant de finalement lui sortir quelque chose d’à peu près crédible. Tout n’était pas que mensonge, mais il ne fallait pas éveiller les soupçons.

« Je viens de San Francisco. Tout de suite après la fin de la guerre j’ai décidé de venir à New York pour tenter de retrouver de la famille… Il semblerait cependant que j'ai égaré l'adresse de mes cousins. J'ai tenté alors toute la journée de voir si quelque chose me revenait, en vain. Mon petit ami, mon frère… tous deux sont morts en Europe. Je ne voulais pas vivre ça toute seule. »

Je repense à tous ces amis, tous ces frères et toutes ces sœurs tombés face à Thanos. Je tente de contenir mes larmes pour ne pas avoir l’air pathétique. Je prends ma respiration avant de reprendre la parole.

« Désolée, je ne devrais pas vous embêter avec ces histoires. Est-ce encore loin ? »



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Message Sujet: Re: Ce "mais" dans l'imperfection - Thomas&Jessica Lun 29 Jan 2018, 00:20

❝ On rencontre toujours un " mais " dans ce monde si imparfait. ❞Ce "mais" dans l'imperfection.Des questions se bousculaient dans la tête de Thomas, encore plus lorsque Jessica - enchanté ! - déclara qu’elle savait qu’il était inhabituel pour une femme d’être seule là… Et qu’elle avait ses raisons. La curiosité de Thomas était telle qu’il voulait insister, pour qu’elle s’ouvre, mais la bienséance voulait que soit elle se lance d’elle-même, soit qu’il garde cette distance nécessaire entre deux étrangers. Ainsi il se laissa à imaginer toutes les possibilités : vraiment perdue depuis des heures, doit travailler dans le coin… Bien qu’il serait étonné qu’une femme travaille ainsi le soir. Mis à part peut-être une nourrice… Il n’en savait rien. Et finalement, il n’avait même pas pensé à ce qui pourtant occupait tout son esprit : la guerre. Il ressentit une pointe de pitié pour cette femme qui finalement devait s’en sortir seule ! Guère étonnant qu’elle soit perdue, si elle n’avait pas l’adresse ! Quelle idée de la part de son frère et de son petit ami de la laisser seule durant la guerre, et de ne pas penser à son après… Si le père de Thomas n’avait pas été là, jamais le Hunt n’aurait pu laisser les deux femmes de sa vie sans plan de secours. Il était triste qu’il aie perdu la vie, mais il regrettait aussi qu’ils aient perdu leur sens des responsabilités…

Cependant, tandis que l’information prenait réellement le chemin de son cerveau, Thomas nota qu’elle n’avait ni bagage, ni sac de quelque nature que ce soit. Et elle demandait le chemin pour boire quelque chose de chaud ? Elle devait sûrement avoir traversé bien plus que juste se perdre toute la journée en recherchant l’adresse de ses cousins ! Il s’arrêta, mettant sur pause leur trajet pour qu’il se mette face à elle, l’air concerné. Il ne pouvait pas s’imaginer laisser une femme seule sans ressource !

”Vous êtes bien loin de m’embêter, cependant, je note surtout que vous devez avoir perdu le sens des priorités… Avez-vous le nom de vos cousins ? Je les connais peut-être ! Je vois aussi que vous n’avez pas de bagages, les avez-vous consignés, ou bien avez vous été agressée ? Ne pensez pas que je me mêle de ce qui ne me regarde pas, cependant, j’ai une petite soeur, et je n’aimerais pas l’idée qu’elle soit un jour dans votre situation…”

Durant un instant Thomas se contint en se disant qu’il était fort possible qu’elle aie consigné, par exemple à la gare, dans ces casiers tout juste assez solides pour empêcher un enfant de forcer la serrure… Guères fonctionnels en somme. Non, ce n’était pas du tout un bon plan dans tous les cas. Autant laisser les bagages dans un coin de rue et espérer qu’ils seraient encore là dix minutes après.

Durant un court instant, il se remit en tête, et si Papà n’était pas là ? Comment sa mère et sa soeur se seraient sorties de cette galère inextricable de la vie sans un homme à leurs côtés ? La gestion de l’argent, le travail ? Il avait bien laissé ses comptes à la gestion de son père, mais deux femmes seules, parvenir à cela ? Il ne pouvait l’imaginer. Il avait certes vu ces travailleuses modernes, qui occupaient des emplois bien masculins, il avait croisé cette femme aussi à la guerre, plusieurs même, mais il était toujours triste de constater que ces êtres si fragiles avaient dû prendre la place de ceux qui auraient dû être là. L’effort de guerre… Il grinçait encore des dents, de savoir qu’il avait finalement été nécessaire de faire appel à certaines femmes dans les usines, pour compenser les pertes de ressources, ces hommes partis à la guerre.

Alors, quelque part, oui, Thomas se sentait responsable de la jeune femme, qui était perdue en face de lui.
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Message Sujet: Re: Ce "mais" dans l'imperfection - Thomas&Jessica Lun 29 Jan 2018, 13:04


Ce "mais" dans l'imperfection

Avec Thomas Hunt

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Ier soir en 1945

Je n’ai aucune idée si mon histoire tient réellement debout, mais en règle générale, les mecs ne posent pas trop questions et ne réfléchissent pas très loin, alors je me suis dit que ça ferait l’affaire et que je serai tranquille. L’histoire de la guerre produit toujours l’effet escompté. Les victimes collatérales sont généralement tellement bouleversées par la disparition de leurs proches que l’on ne peut jamais vraiment rien leur reprocher quant à leur comportement ou quant à la cohérence de leurs propos. J’avais pourtant appris à être forte face à la disparition de bon nombre de mes frères et sœurs face à Thanos mais je n’avais finalement pu me retenir d’être émue en repensant à eux. Malgré ce qu’on a pu me faire croire au cours de ma vie, je suis humaine après tout.

La nouvelle intervention de mon interlocuteur me laissa sans voix et sans issue de secours. Il était un peu trop intelligent et perspicace pour moi. Je ne pensais pas qu’il ferait attention au moindre détail de mon histoire jusqu’à me mettre devant le fait accompli. Je n’avais pas de bagage. A vrai dire, s’il connaissait la vraie histoire, il saurait que je n’ai plus d’affaires personnelles depuis bien longtemps et un voyage dans le temps aussi peu préparé ne nous permet pas de faire de grosses valises. Il demandait également le nom de mes cousins, je dois avouer que je ne m’étais pas du tout préparée à répondre à ce genre de questions. J’aurais mieux fait de lui demander de simplement m’indiquer le chemin, je n’aurais pas été embêtée ainsi.

« Le nom de mes cousins ? Ils ont un nom assez commun, les Parker. »

Pourquoi Parker ? Je ne sais pas, c’est le premier nom qui m’est venu en tête en pensant à Peter qui est un peu comme un cousin pour moi. Avec la chance que j’ai, à tous les coups il va me répondre qu’il connaît justement une famille de Parker. Je n’aurai plus qu’à m’envoler pour fuir, je ne pense pas assumer de devoir me justifier davantage.

« En ce qui concerne mes bagages… »

Trouve quelque chose de crédible, Jessica.

« J’ai pris plusieurs trains depuis San Francisco et avec la fatigue, j’en suis venue à oublier mon sac dans un des trains. Quand je m’en suis rendue compte, il était trop tard. Je l’ai signalé en arrivant à la gare centrale de New York, mais je pense que ça prendra plusieurs jours avant qu’ils ne me la ramènent. »

C’était suffisamment crédible, non ? Et puis il ne viendrait pas vérifier dans plusieurs jours si mes dires sont vrais. Il ne s’agit que d’aller boire une boisson chaude et nos chemins se sépareront de nouveau, je l’espère. Je l’espère pour des raisons de couverture. Si l’on avait été en 2019 et que j’avais rencontré un homme aussi charmant et aussi avenant, peut-être que j’aurais espéré le revoir, mais commencer à nouer avec des personnes du passé pourrait malheureusement s’avérer dangereux.

« Et vous ? Que faites-vous dehors à cette heure-ci ? J’espère ne pas vous faire perdre votre temps. »



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Message Sujet: Re: Ce "mais" dans l'imperfection - Thomas&Jessica Mar 06 Fév 2018, 14:06

❝ On rencontre toujours un " mais " dans ce monde si imparfait. ❞Ce "mais" dans l'imperfection.Thomas allait peut être un peu loin en s’inquiétant ainsi pour elle, cependant, il ne pouvait pas m’empêcher d’imaginer sa soeur à sa place, vraiment. Cette crainte avait été là, de ne plus pouvoir être présent pour elle, pour sa mère. Et parfois il se félicitait de n’avoir été que déçu par ses relations amoureuses, car ainsi, il n’avait pas de femme avec enfant derrière lui… Comme Aedan, cet ami que Thomas s’était fait sur le champ de bataille avant de le perdre. Pensant à Moïra, il s’était probablement un peu… Voire même trop emballé. C’était ainsi le cerveau d’un soldat traumatisé par la guerre : il analysait trop vite et agissait dans l’instant.

Quand elle lui donna le nom de famille de ses cousins, les Parkers, Thomas eut une tête un peu découragée. Rien que dans cette rue, il se souvenait de cinq foyers Parker. Et certains avaient probablement de la famille encore ailleurs... Sans parler des autres… En effet, c’était compliqué de faire le tri dans tout cela. Sa mère aurait pu, elle était au courant de tout. Mais sa mère n’était pas là, maintenant. Et pour la suite, elle lui expliqua qu’avec tous ses voyages, elle avait fini par oublier tout simplement sa valise dans un train. Oh voilà ce qui était malheureux… Mais courant. Cela lui était arrivé tout simplement dans un tram, et Thomas n’avait d’ailleurs plus jamais revu ce sac de sa vie. Il espérait tout de même qu’elle récupèrera la sienne. Néanmoins à sa façon de s’intéresser à lui sans pause aucune lui signalait qu’elle ne voulait plus en parler. Ce qu’il concevait parfaitement, alors, il reprit son bras comme quelques instants plus tôt pour la mener vers le salon de thé qu’il lui recommandait.

”Je reviens d’un simple moment entre amis dans un bar. Disons que je passais déjà le temps à marcher avant de rentrer, alors autant marcher en bonne compagnie.”

Je n’avais pas eu envie de préciser que je fêtais la fin de la guerre. Aux yeux de la jeune femme, il ne devrait pas y avoir grand chose à fêter, si elle avait tout perdu, de sa famille à sa valise, en passant par l’amour… Non, autant lui permettre de se changer les idées devant un chocolat chaud. Se réfugier ailleurs un instant, histoire d’épargner un esprit déjà fragile. Et au moins, durant un moment, elle sera accompagnée, jusqu’à ce qu’elle trouve une solution, peut être un foyer de femmes seules. Il y en avait un pas trop loin, très respectable, d’après les rumeurs que Mammà colportait jusque dans notre cuisine.

Et après tout juste quelques instants de marche, Thomas eut la satisfaction de pouvoir montrer à Jessica la devanture. Il y avait quelques places libres en extérieur, ce qui pouvait être agréable… Mais c’était le moment venu où il était censé prendre congé. C’était difficile à faire, la présence était sympathique, et bien plus calme que le reste du monde pour le coup. De plus, il supposait qu’il ne devait pas rester grand chose à la jeune femme et il préférait penser qu’il lui offrait à boire pour la charité que pour le plaisir égoïste d’être ici.

”Puis-je peut-être vous offrir cette boisson chaude ? Je dois avouer que j’aimerais bien aussi une boisson chaude, comme un cappuccino, agréable à cette heure.”
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Message Sujet: Re: Ce "mais" dans l'imperfection - Thomas&Jessica Jeu 08 Fév 2018, 20:34


Ce "mais" dans l'imperfection

Avec Thomas Hunt

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Ier soir en 1945

Afin de ne pas griller ma couverture, je me suis empressée de renvoyer la question à Thomas. Après tout, il avait beau être un homme, pourquoi se trouvait-il dehors à une heure aussi tardive ? Ma personnalité de détective ne peut s’empêcher de se poser des questions et d’observer ses moindres faits et gestes. Est-ce un criminel ? Il se pourrait même si à sa démarche et à son aisance pour parler, je ne parierais pas pour cela. Il ne prendrait pas le temps de m’accompagner jusqu’à un salon de thé, à moins de vouloir me faire porter le chapeau. Il m’explique cependant qu’il ne fait que revenir d’un moment entre amis. De toute manière, je ne suis pas là pour le juger ou pour savoir s’il me dit la vérité. Je suis mal placée pour en juger de toute manière. Il prit mon bras. Ça pouvait paraître anodin mais ce genre de petits gestes me manquent. Je n’ai pas eu de moment comme ça depuis Clint

« Bon, si ma présence ne vous pose pas de problème, tant mieux. »

Je lui adresse un sourire, le genre de sourire qui se veut sincère. Malgré la difficulté de trouver de bonnes excuses quant à ma présence et la difficulté de trouver une couverture crédible, j’apprécie ce moment. J’en oublie presque les raisons de notre venue ici, j’en oublie presque la discussion qui a eu lieu plus tôt avec les autres Avengers. Je suis ailleurs, j’y croirais presque à mon histoire qui tient à peine debout. On continue alors à marcher, doucement, jusqu’à un petit bâtiment devant lequel Thomas ralentit. Je suppose qu’on est arrivés. Au moins, il a tenu sa promesse de m’amener jusqu’à un salon de thé, il n’y a pas de doute en voyant la devanture du bâtiment. Il aurait pu être de ces hommes malhonnêtes qui tenteraient de m’emmener dans un endroit malfamé. Il aurait été bien embêté de savoir à qui il a à faire. C’était donc le moment de nous séparer, pourtant au fond de moi, je n’avais pas envie de le laisser partir tout de suite, curieuse d’en savoir plus sur cet homme, savoir pourquoi ce visage me semble si familier. Je n’ai pas eu le temps de dire quoique ce soit qu’il propose de m’offrir une boisson chaude. La femme libérée en moi a envie de dire qu’il n’y a pas besoin et je me souviens alors que je suis sans le sou.

« Avec grand plaisir, Thomas. On pourra alors apprendre à se connaître un peu mieux, je suis bien curieuse de savoir ce que vous faites dans la vie. »

Employé de bureau ? Journaliste ? Sans emploi ? Je n’arrive pas à deviner. Il aurait vécu à mon époque, je l’aurais bien vu comme star des réseaux sociaux. On entre alors à l’intérieur du salon de thé et la dame qui dirige l’établissement nous indique une table. Je ne perds pas de temps et je m’assois.

« Un capuccino pour vous donc ? Je me demande quels thés ils font par ici. J’adore le thé. »

C’est probablement mes restes de ma vie en Angleterre et aussi les infusions que Bova, ma mère adoptive, me faisait quand j’étais toute jeune. Bon, évidemment, les infusions d’une femme-vache n’ont rien à voir avec les thés servis dans les salons, mais ça me rend nostalgique malgré tout.



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Message Sujet: Re: Ce "mais" dans l'imperfection - Thomas&Jessica Dim 18 Fév 2018, 03:12

❝ On rencontre toujours un " mais " dans ce monde si imparfait. ❞Ce "mais" dans l'imperfection.A peine ils furent installés que Thomas commençait déjà à réfléchir. La question indirecte de la jeune femme posait un léger problème... Depuis son retour à la maison, après la guerre, il avait décidé de ne pas tout de suite reprendre son métier d’acteur. Il aurait bien voulu, ça oui ! Il aurait eu l’impression que le monde tournait rond, de façon tout à fait normal… Et il avait la chance de ne pas faire partie de ces gueules cassées, de posséder encore tous ses membres. Cependant… Il y avait ces cicatrices, un peu partout sur son corps. Traces de ses combats, qui avaient parfois dû se finir au couteau car il perdait son arme, de ces explosions qui le jetaient à terre. Il y avait même cette longue estafilade qui dépassait tout juste de sa manche. Tout cela ne lui donnait pas assez de confiance en lui-même pour reprendre les castings, durant lesquels on était scruté de partout, jugé sur le physique, la prestance. Il n’avait pas tout à fait récupéré tout ça. Alors, est-ce qu’il pouvait réellement répondre qu’il était acteur ? Pas vraiment. Et puis un acteur habillé comme un simple habitant de Brooklyn… Autant dire la vérité qui était celle d’aujourd’hui. Cela lui fichait un coup à l’ego, mais bon… Il n’était pas certain d’être capable de supporter des remarques sur son absence de contrat actuellement. Quand bien même cela serait une situation qu’il avait “voulue”.

”Je travaille dans l’échoppe à chaussure familiale… Besoin de réparer des talons ? Aucun problème. Et vous ?”

Il accompagna cette déclaration d’un petit sourire. Il n’était plus aussi doué qu’avant pour réparer des semelles et cirer des cuirs, mais au moins, si besoin, il pouvait. Après tout, c’était comme le vélo, ça ne se perdait jamais totalement. Et à Hollywood, il était au moins l’homme avec les chaussures les mieux entretenues. Qui savait ? Peut-être allait-il préférer les planches de Broadway, où de loin ces marques ne se verraient plus ?

Une fois à l’intérieur, il fit un léger signe à Mlle Angelica. C’était la serveuse du salon de thé, et une amie de sa petite soeur. Elle était toujours un peu nerveuse en la présence de Thomas, probablement car autrefois, elle avait eu une sorte de… Sentiment pour lui. C’était heureusement passé, mais il n’y avait jamais donné suite… Ne voulant pas risquer de mettre un froid entre les deux amies si la relation ne fonctionnait pas. D’ailleurs, depuis, elle ne l’avait plus jamais appelé par son prénom. Alors tandis que Jessica déclarait qu’elle aimait le thé, Mlle Angelica arriva pour déposer la carte devant Jessica :

”Bonsoir Mr. Hunt ! Un cappuccino j’imagine ?”

A peine eut-il fit un signe de tête d’assentiment, qu’Angelica se tourna vers Jessica afin de lui demander ce qu’elle commandera. Puis, celle-ci s’en alla, une fois la commande faite. Il fallait bien préparer ce qu’ils avaient demandé. Enfin en face à face, Thomas retira simplement sa veste en cuir, gardant sa chemise à manche longue qui était dessous. Il faisait bon ici… Après tout, ça tenait chaud que d’avoir du matériel pour faire ces boissons chaudes.
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Message Sujet: Re: Ce "mais" dans l'imperfection - Thomas&Jessica Mer 21 Fév 2018, 13:24


Ce "mais" dans l'imperfection

Avec Thomas Hunt

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Ier soir en 1945

Je curieuse, ça n’a jamais été un secret. C’est probablement pour cette raison que je me suis résolue à devenir détective privée. La première raison, c’était l’argent, évidemment, mais quand on me raconte ces histoires, je ne pouvais m’empêcher de vouloir savoir pourquoi, comment, où et quand. J’ai toujours été douée pour mener l’enquête et même sans utiliser mes pouvoirs qui me permettent d’ajouter de la discrétion dans certaines situations. La curiosité est mon plus grand défaut et atout à la fois. Malgré tout, je ne suis pas forcément la plus douée pour deviner au premier regard et sans information aucune le métier d’une personne. L’accoutrement ne veut absolument rien dire puisque tout dépend d’où la personne sort et si elle ne cache pas quelque chose. Je ne cherche pas à analyser ce pauvre homme qui m’a gentiment accompagnée jusqu’au salon de thé, je suis simplement curieuse.

Nous nous installons à la table qui nous est désignée et je dois avouer que la chaleur de l’établissement me fait un bien fou. Depuis combien de temps je n’ai pas été dans une pièce correctement chauffée ? Avant ce saut dans le temps nous n’avions plus rien, plus d’électricité et nous évitions de faire des feux pour ne pas attirer l’attention sur nous. Thomas m’explique donc ce qu’il fait dans la vie. Il travaille apparemment dans la boutique familiale qui réparerait apparemment les chaussures. Peut-être devrais-je lui confier les miennes, celles que j’ai récupéré parmi ce que nous a rapporté Pietro ne sont pas les plus jolies ni les plus en état. C’est drôle, parce que même son métier me rappelle quelqu’un, je me rappelle avoir connu quelqu’un qui avait ses grands-parents spécialistes de la chaussure, mais impossible de me souvenir de qui il s’agit.

« Je crois bien que mes talons auraient effectivement besoin d’être réparés. Moi ? Ce que je fais ? Je ne fais plus rien malheureusement, mais j’aidais mon petit ami dans son affaire. Il était détective privé et moi je lui préparais le café, je lui préparais le déjeuner et je faisais les comptes, je lui trouvais des clients. »

Rien que l’idée de m’imaginer préparer le café ou le déjeuner pour un homme me donne envie de grimacer, mais je me retiens, il faut que je sois crédible. Ça l’est, non ? Ainsi il ne se doutera pas que je suis moi-même détective privée, mon supposé petit ami étant décédé, je peux transposer ma personnalité sur lui. Au moins, s’il pose des questions sur l’affaire de mon époux, je saurai quoi lui répondre, tout comme sur San Francisco. Je n’aime pas mentir, surtout que Thomas a l’air d’être quelqu’un de vraiment sympathique. Mais l’époque et la situation l’exigent. La serveuse arrive et s’adresse à celui qui m’accompagne, l’appelant ‘M. Hunt’. Hunt… Hunt… Non, ça doit être une coïncidence, il n’y a pas qu’une seule famille se dénommant Hunt dans New York, tout comme pour les Parker. Mais ce nom évoque tant de chose en moi et lorsque je le regarde, c’est vrai qu’il pourrait avoir des airs de ressemblance avec Jerry. La serveuse semblait porter un regard particulier sur Thomas, comme si elle le trouvait plutôt mignon. Bon, c’était le cas, il faudrait être aveugle pour ne pas le trouver séduisant, mais j’hésitais vraiment à me lever et à lui proposer ma place. Lorsqu’elle se tourna vers moi, je lui adressai un très large sourire.

« Ce sera un thé, pour moi. Le meilleur que vous avez. »

Je la regardais s’éloigner. C’était si évident qu’elle n’était pas indifférente au charme de Thomas que j’en étais presque gênée de me retrouver là. Je m’adresse alors à lui directement.

« Je crois que vous lui plaisez. Je ne devrais probablement pas rester avec vous, elle pourrait trouver ça insultant. Vous la connaissez bien ? »

Ce n’est en rien de la jalousie, c’est juste que je suis une femme et je sais capter les signaux d’une autre femme. Contrairement aux hommes, nous on voit ce genre de petites attentions, ces sourires, ces regards. C’est si évident…



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Message Sujet: Re: Ce "mais" dans l'imperfection - Thomas&Jessica Mer 07 Mar 2018, 23:26

❝ On rencontre toujours un " mais " dans ce monde si imparfait. ❞Ce "mais" dans l'imperfection.Je ne pouvais m’empêcher de tiquer un peu lorsque j’appris qu’elle aidait son petit ami dans son affaire de détective privé. Si ce méiter était auréolé d’une certaine popularité du fait des romans d’un certain Sir Arthur Conan Doyle, il n’en était pas moins que ce travail était dangereux. Bien dangereux pour une femme. Mais après tout, elle ne semblait pas de ces femmes intrépides qu’il avait pu croiser sur le champs de bataille. Ce n’était pas qu’il désapprouvait mais… Etait-ce réellement bons pour elles de se trouver là ? Il avait déjà été difficile pour Thomas d’apprendre qu’elles avaient dû être mobilisées en effort de guerre pour combler l’absence des hommes dans les usines, où de dangereux objets pouvaient être fabriqués. Certaines avaient même commencé à se mettre en tête de continuer à le faire alors même qu’ils étaient de retour ! Au moins, elle avait aidé son homme dans son affaire, et cela était louable.

”C’est une très bonne chose. Je tiens à vous présenter tout de même mes condoléances, à nouveau.”

Après le passage de la serveuse, qui prit alors commande du cappuccino de Thomas, puis du thé pour Jessica. Il allait reprendre le cours de la discussion comme si de rien n’était, quand il entendit Jessica déclarer de façon très directe que le jeune homme plaisait à la serveuse, et qu’elle, Jessica, ne devrait pas rester là, de peur de la froisser. Oh. C’était une possibilité, mais auquel cas il ne pourrait plus jamais revenir dans le coin de ce salon de thé. Il ne pouvait s’empêcher de vivre pour un amour de jeunesse, n’est-ce pas ? Alors même qu’il l’avait déjà éconduite ?

”Ne bougez pas d’ici… Enfin, je la connais. C’est une amie de ma petite soeur, et elle semble avoir ces sentiments pour moi depuis un moment. Rien qui soit insurmontable... Je suppose que c’est une sorte de… D’attraction pour moi, du fait de mon ancien métier.”


Ce fut à ce moment-là qu’il se rendit compte qu’il n’avait vraiment rien dit sur le fait d’avoir été acteur. Bon, après tout, elle ne semblait pas du genre à y accorder une trop grande importance. Ce n’était peut-être juger trop rapidement mais Thomas n’avait pas l’intention de passer pour un goujat, pas sans expliciter ce qu’il voulait dire. Et puis, au final, ça remontait à quelques années. Il avait eu un succès fulgurant à l’époque, mais il n’était pas certain qu’il soit toujours d’actualité. Ainsi… Autant se jeter à l’eau.

”J’étais acteur avant la guerre. J’ai eu mon petit succès, et avant cela, j’étais acteur sur les planches locales… Peut-être avez-vous vu mes films, j’étais crédité comme Tommy Hunt. Cela m’a valu d’attirer quelques faveurs. Cependant, il se trouve qu’elle est une amie proche de ma soeur… Je ne voudrais pas lui briser le coeur. J’ai donc préféré mettre les choses claires, cela n’arrivera pas.”

Et tandis qu’il terminait son laïus, il espéra que l’amie de sa soeur ne l’aie pas entendu. Il avait été assez dur le jour où elle avait décidé de lui dévoiler ses sentiments, espérant tuer dans l’oeufs des sentiments voués à l’échec. Elle avait été telle ces personnages de films désespérés, s’accrochant à sa chemise afin qu’il ne parte pas sans lui rendre ses sentiments… Ce genre de romantisme qui n’allait plus à Thomas depuis un moment, depuis Rebecca à vrai dire. Elle avait été l’une des seules à lui avoir soutiré cette propension à l’amour pour qu’au final… Il soit encore célibataire à 27 ans. La mère Hunt en était d’ailleurs la première attristée… Thomas l’entendait encore se lamenter, qu’il devrait trouver une gentille fille, afin de faire de beaux petits enfants.
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